Un rendement annoncé à 4 % ou 5 % peut sembler immédiatement attractif. Pourtant, ce pourcentage ne permet pas, à lui seul, de juger la qualité d’un investissement immobilier. Pour comparer sérieusement deux biens à Lausanne ou dans le canton de Vaud, l’investisseur doit examiner les revenus réellement durables, les dépenses, le financement, les travaux et les risques. L’objectif n’est pas de trouver le chiffre le plus élevé, mais un rendement cohérent avec le capital engagé et les incertitudes assumées.
Le rendement brut : un premier filtre seulement
Le rendement brut se calcule habituellement en divisant les loyers annuels par le prix d’acquisition, puis en multipliant le résultat par 100. Avec 100’000 francs de loyers pour un prix de 2,5 millions, il atteint 4 %. Cet exemple est uniquement pédagogique et ne constitue pas une indication du rendement attendu sur le marché.
Le calcul permet de comparer rapidement plusieurs objets, mais il ignore les frais d’achat, les charges du propriétaire, la vacance, les travaux et le coût du financement. Il peut également être trompeur si les loyers annoncés sont théoriques plutôt qu’effectivement encaissés.
Pour mesurer l’investissement total, il est prudent d’ajouter au prix les droits de mutation, les frais de notaire et de registre foncier, le financement et les travaux immédiats.
Du rendement net au résultat d’exploitation
Le rendement net part des revenus locatifs durables et retranche les dépenses qui restent à la charge du propriétaire. Selon l’objet, il faut notamment considérer l’administration, l’entretien, les assurances, les charges non récupérables, les pertes sur loyers et une provision pour la vacance.
Il est utile d’isoler le résultat d’exploitation avant intérêts et impôts. Ce chiffre permet de comparer la performance immobilière de deux biens sans que la structure de financement masque leurs différences. Les intérêts, l’amortissement et la fiscalité sont ensuite ajoutés pour calculer le cash-flow disponible pour l’investisseur.
La distinction est importante : un immeuble peut présenter un rendement net positif tout en produisant une trésorerie insuffisante après paiement de la dette et des investissements.
Le cash-flow : ce qui reste réellement
Le cash-flow correspond aux entrées et sorties d’argent sur une période. Pour un investisseur, il doit inclure les loyers encaissés, les dépenses d’exploitation, les intérêts, l’amortissement et les travaux effectivement payés.
Le remplacement d’une chaudière, une rénovation de toiture ou plusieurs mois de vacance peuvent concentrer les dépenses sur une année. Un plan pluriannuel permet de vérifier les liquidités disponibles sans dépendre d’une hausse de loyer ou d’une revente rapide.
Le taux hypothécaire de référence des baux est de 1,25 % au 27 août 2026, selon l’Office fédéral du logement. Ce taux concerne l’adaptation des loyers et ne doit pas être confondu avec le taux de l’hypothèque de l’investisseur. Une évolution du financement ne se répercute pas automatiquement et immédiatement sur tous les loyers.
Effet de levier : rendement accru, risque également
L’emprunt réduit le capital propre nécessaire et peut augmenter le rendement des fonds propres lorsque le revenu de l’immeuble dépasse le coût de la dette. C’est l’effet de levier. Mais il fonctionne aussi dans l’autre sens : une hausse des intérêts, une baisse des loyers ou une dépense imprévue pèse plus fortement sur un investissement très endetté.
La FINMA rappelle que, pour les immeubles de rendement, la capacité financière doit être appréciée à partir de loyers nets durables. Dans sa fiche de juin 2025, elle cite comme exemple prudent une limite de capacité financière correspondant à 100 % de ces loyers, avec un taux d’intérêt théorique de 5 % sur le financement et des coûts annexes reflétant l’âge et l’état du bâtiment. Il s’agit de critères prudentiels destinés aux établissements surveillés, pas d’une promesse de financement applicable à chaque dossier.
Les banques fixent leurs propres exigences et peuvent demander davantage de fonds propres, un amortissement plus important ou retenir une valeur de nantissement inférieure au prix payé.
Tester trois scénarios plutôt qu’une seule prévision
Une analyse investisseur devrait comporter au moins un scénario central, un scénario favorable et un scénario défavorable. Ce dernier peut combiner :
- une hausse du coût de refinancement ;
- une vacance ou des impayés plus élevés ;
- des travaux anticipés ;
- une augmentation des charges non récupérables ;
- une baisse de la valeur lors d’une revente.
La BNS a maintenu son taux directeur à 0 % le 18 juin 2026. Ce contexte ne garantit toutefois pas que les taux hypothécaires resteront stables pendant toute la durée de détention. La FINMA souligne par ailleurs que les risques immobiliers et hypothécaires restent importants et recommande une prudence accrue pour les immeubles de rendement fortement financés.
L’investissement est plus robuste si le cash-flow demeure supportable dans le scénario défavorable, sans supposer une hausse systématique des loyers.
Ne pas oublier la sortie et la fiscalité
Le rendement total comprend les revenus pendant la détention et le résultat de la revente. Une plus-value future ne devrait pourtant jamais être considérée comme certaine. Le prix de sortie dépendra du marché, des taux, de l’état du bâtiment et de ses revenus à ce moment-là.
Dans le canton de Vaud, l’acquisition entraîne notamment un droit de mutation. Pendant la détention, les loyers sont imposables et le propriétaire est concerné, selon sa situation, par l’impôt sur la fortune et l’impôt foncier. La vente peut déclencher un impôt sur les gains immobiliers. La structure de détention doit être examinée avec un fiscaliste, car elle influence le rendement réellement conservé.
Conclusion
Une bonne analyse investisseur relie quatre éléments : rendement net, cash-flow, risque et horizon de détention. Elle repose sur des loyers vérifiés, un programme de travaux réaliste et plusieurs scénarios de financement. Immoregie Sàrl peut aider les propriétaires et investisseurs lausannois à contrôler l’état locatif, les charges et les besoins d’entretien, en coordination avec les spécialistes bancaires, fiscaux, techniques et juridiques. Aucun investissement ne devrait être décidé sur la base d’un taux de rendement isolé.
Sources vérifiées
- FINMA — cadre réglementaire du marché hypothécaire, fiche de juin 2025
- FINMA — risques sur les marchés immobilier et hypothécaire, 22 mai 2025
- Banque nationale suisse — examen de la situation économique et monétaire du 18 juin 2026
- Office fédéral du logement — taux hypothécaire de référence, publié le 1er juin 2026
- État de Vaud — propriétaire d’immeuble et fiscalité
- État de Vaud — droit de mutation lors d’un achat